Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/05/2015

L'année Solitaire (A. Oseman)

« Je me rends bien compte en arrivant dans la salle commune qu’elle est peuplée en majorité de zombies, dont je fais partie.»

nathan, oseman,adolescente, dépressionOn est censé vivre la plus belle période de notre vie. On est jeune, on est en train de décider de notre avenir (c’est en tout cas ce qu'on nous répète), on a des amis. Mais en fait, tous, on attend que quelque chose change. Becky, ma meilleure amie, avec qui je rigole de moins en moins. Lucas, qui réapparaît dans ma vie après toutes ces années. Mon frère Charlie, la plus belle personne que je connaisse. Michael, avec son sourire trop grand. Et moi, la fille la plus misanthrope et pessimiste du lycée. On attend tous ce que quelque chose change.

Victoria Spring a un nom qu’elle déteste. comme elle déteste la plupart des gens, la plupart es choses qui l’entoure et notamment son lycée. Elle s’ennuie dans sa famille, ne trouvant du réconfort qu’auprès de son frère, qui souffre lui même de pathologie mentale. Ses « amis » ne trouvent plus grâce à se yeux et lorsqu’elle fait la connaissance de Michael Holden, un autre marginal comme elle, elle ne peut imaginer qu’il puisse s’intéresser à elle.

L’Année solitaire a été écrit par une adolescente du même âge que son héroïne. L’éditeur en a fait un argument commercial, pour ma part, j’y verrai plutôt la raison qui fait que ce roman peut être aussi agaçant qu’addictif. Après un début en fanfare, l’intrigue a tendance à s’essouffler et à sombrer dans le nombrilisme et l’auto-lamentation.

C’est néanmoins un ouvrage qui se dévore d’une traite, avec de personnage attachants et une héroïne qui fait l’apprentissage (avec de gros sabots parfois….) de la vie. A conseiller aux ados qui ne savent pas toujours où se situer, aux « homards » mal dégrossis, bref, à tous. Ou presque !

— Tu connais les titres de tous ces bouquins sans en avoir lu un seul ! C’est comme s’il pleuvait de l’argent et que tu refusais d’attraper une seule pièce !

Je suppose que si je persistais au-delà des premières pages, j’apprécierais sans doute quelques livres. Mais je ne peux pas lire parce que je sais que rien de tout ça n’est vrai. D’accord, je suis une hypocrite. Le cinéma non plus n’est pas de la réalité, et pourtant j’adore ça. Mais les livres… c’est autre chose. Devant un film, on est comme un étranger qui regarde par la fenêtre. Avec un livre… on y est. On est dedans. On est le personnage principal.

Alice OSEMAN, L’année solitaire

Nathan

416 pages – 16,90 €

Titre original : Solitaire – Paru en 2014 – Traduit en Français en 2015

L’auteur : Alice OSEMAN a écrit L’Année solitaire à seulement 18 ans, alors qu’elle était encore lycéenne. Elle est aujourd’hui étudiante en Lettres à l’université de Durham en Angleterre.

 

Le site de l’auteur (en anglais): http://www.aliceoseman.com

15:52 Publié dans Vie quotidienne | Lien permanent | Tags : nathan, oseman, adolescente, dépression | |  Facebook | | |

22/02/2015

Je m'appelle LIVRE et je vais vous raconter mon histoire (J. AGARD)

« Je m’appelle LIVRE et je vais vous raconter mon histoire. »

IMG_1902.JPGQuand Livre raconte sa propre vie, c’est une histoire de plus de 5000 ans qui commence !

Des tablettes sumériennes à l'arrivée de l'e-book, Livre présente avec beaucoup d'humour son autobiographie. Et sa vie se lit comme un roman ! Les vingt petits chapitres se savourent comme des friandises : Livre nous apprend qu'il a eu sa période rock and roll pendant des siècles, que grâce aux Romains il a eu un dos en bois, que les moines l'ont enluminé au Moyen Âge, qu'il a un faible pour la lettre "P" -celle qui "évoque tant de bons moments de sa vie" : papyrus, parchemin, papier, presse d'imprimerie, poche, publication… et aussi qu'il a une capacité de résistance et un vrai sens de la famille avec son frère, e-book !

Du vieil anglais boc, bois de hêtre, le « bouquin » passe en revue ses différentes métamorphoses, truffe son discours de citations et d’illustrations noir et blanc, et offre une très jolie mise en abîme de ce qu’il est, sans céder aux lamentations de la modernité :

Quand j’étais tablette d’argile,

n’étais-je minéral ?

Quand j’étais papyrus,

n’étais-je pas végétal ?

Quand j’étais parchemin,

n’étais-je animal ?

Pourquoi m’inquiéterai-je

de devenir digital ?

John AGARD, Je m’appelle LIVRE et je vais vous raconter mon histoire

Nathan

 Paru en 2015 - 144 pages – 13,90 €

L’auteur : né en 1949 en Guyane, John Agard est poète, romancier, auteur pour enfants et il vit aujourd'hui en Grande-Bretagne.

12:01 Publié dans Historique, Vie quotidienne | Lien permanent | Tags : nathan, livre, agard, documentaire | |  Facebook | | |

21/09/2014

Geek Girl 2 (H. SMALE)

« Je m’appelle Harriet Manners et maintenant je suis mannequin.»

IMG_1657.JPGHarriet sait qu’elle est mannequin parce qu’il estes lundi matin et qu’elle porte un tutu doré, une veste dorée, des ballerines dorées et des boucles d'oreilles dorées. Son visage est peint en doré et un long fil de fer doré est enroulé autour de sa tête. Ce n'est pas ainsi que je m'habille d'habitude le lundi. Surtout lorsqu’elle a un important contrôle de Physique.

Car si Harriet est désormais mannequin, ses préoccupations de geek n’ont pas pour autant disparu ! Elle se morfond de ne plus avoir aucune nouvelle de Nick deus le baiser qu’ils ont échangé et les grandes vannages risquent de lui sembler très longues. C’est pourquoi lorsque son agence lui propose un contrat pour l’été à Tokyo, elle s’empresse d’accepter. Son enthousiasme sera cependant de courte durée : ses colocataires mannequins sont exécrables et même si Tokyo est une ville immense, elle n’arrête pas de croiser le beau Nick et sa nouvelle copine…

Le charme n’a pas vraiment opéré et le vilain petit canard se sent toujours aussi petit canard. Sauf qu’il va devoir maintenant apprendre à cohabiter avec un bébé, celui qu’attend sa belle-mère, et qu’Harriet a vraiment l’impression d’être celles ont on veut se débarrasser. Heureusement, la mère d’Annabel (et l’anti-Annabel) va venir à sa rescousse…

Je suis une créature toute de maturité et d’élégance, de maturité et d’élégance, de maturité et d’élégance.

J’ai beau le répéter, c’est peine perdue : je ne convaincrai personne. Et surtout pas Yuka. Elle ne me laisse toucher à rien. Je suis habillée par des inconnues enthousiastes, qui me demande de garder les mains en l’air et les pieds écartés, telle une sorte d’ours en peluche raide et trop aimé.

Une fois qu’elles ont terminé d’attacher, épingler et ajuster, et que la maquilleuse a fini de me redessiner et de me colorier - épais fond de teint blanc, eye-liner noir, lèvres très rouges -, on me mène enfin devant le miroir.

je ne m’y ferai jamais : une fois de plus, la transformation me stupéfie. Mes cheveux ont été lissés en un carré roux et brillant, j’ai le teint éclatant et immaculé, et mes yeux ont de vrais cils visibles, ce qui m’évite d’avoir l’air d’un lapin. Je suis absolument méconnaissable. mes propres parents ne me reconnaîtraient pas lors d’une séance d’identification au commissariat. Chaque fois que je pose, c’est la même chose : je démarre comme une lycéenne ordinaire et je finis par ressembler entièrement à quelqu’un d’autre. A quelqu’un tout court.

C’est comme si j’étais Superman, sauf je ne me transforme que temporairement, une  fois tous les quelque mois, avec l’aide de nombreux professionnels très bien payés et d’une montagne de coûteux produits de beauté.

Holly SMALE, Geek Girl 2

Nathan

416 pages – 15,90 €

Titre original : Geek Girl, Model Misfit – Paru en 2013 – Traduit en Français en 2014

L’auteur : Holly SMALE, née en 1981, vit actuellement à Londres. Diplômée en littérature anglaise et grande voyageuse, elle a, tour à tour, été enseignante au Japon, bénévole au Népal et fait de nombreux petits boulots en Jamaïque, Australie, Indonésie et en Inde. Elle écrit aujourd’hui pour la presse et son expérience de mannequinat à l’adolescence lui a inspiré Geek Girl.

Le site de l’auteur (en anglais): http://holsmale.wix.com/the-write-girl2#!geek-girl 

14:59 Publié dans Vie quotidienne | Lien permanent | Tags : nathan, smale, geek, adolescente, mode | |  Facebook | | |

15/08/2014

Comment tomber amoureux... sans tomber

« C’est une journée chaude, trop chaude, aussi bleue dans le ciel que dans l’âme. »

IMG_1627.JPGAnnabelle a décidé que son coeur était hors service et sous les ordres exclusifs de son cerveau. En terminale S, rien n’existe en dehors de son travail. Et pas question pour elle de se limiter à l’obtention du bac, il faut qu’elle soit la meilleure.
Les garçons ? De simples copains. Et ce n’est pas Samuel, le fils de l’ambassadeur des États-Unis parachuté dans sa classe, qui y changera quelque chose. Annabelle est d’accord pour consacrer deux heures par jour à parler français avec lui, à condition qu’il ne la ralentisse pas dans sa course vers l’excellence.
Annabelle est ambitieuse et passionnée, comme les autres femmes de la famille. Sa mère, Lulu, est obsédée par ses recherches universitaires. Sa grand-mère, Marguerite, ne lâchera pas ses fourneaux avant d’obtenir la deuxième étoile pour son restaurant. Elles risquent toutes trois de tomber de haut, de très haut. De tomber… amoureuses !

- Je n'aurais jamais pu imaginer une situation pareille : mes parents si unis qui se séparent, le dîner chez mon père sans ma mère, l’impossibilité d'inviter mes deux parents au déjeuner de ton grand-père, et le fait que j'aurai même problème pour les réconcilier le jour de mon mariage.
- Tu te maries quand ?
- Pas tout de suite.
- Avec qui ?
- Avec un homme. 
- Un homme comment ?
- Un homme drôle, qui aime lire, habité d'une gentillesse profonde, un homme qui m'aime. Et qui parle très bien le français.
- Je suis éliminé alors.
- Un homme français !
- Xénophobe ?
- C'est plus facile de ne pas être obligé d'expliquer qui on est. Et toi, tu te maries avec qui ?
- Une créature de rêve, une beauté parfaite, blonde, élégante, bien habillée, bien coiffée, avec des talons hauts et des sous-vêtements transparents sur de gros nichons.
- Je suis éliminée alors ? Et si elle est, avec tout ça, bête et méchante ?
- Je l'apprivoiserai. Et si ton mec français qui parle si bien le français est en fait une brute silencieuse ?
- Je le ferai parler.

Avec ce ton qui n’appartient qu’à elle,Susie MORGENSTERN propose ici un roman tout à fait original, racontant l’amour depuis ses prémices sur trois générations. Adoptant une voix à la fois intime et ironique, elle se plaît à se camper derrière ses personnages pour mieux épier leurs petits travers et leurs grandes émotions et ainsi nous les rendre proches, presque complices.

Il faut accepter d’entrer dans cet univers, et persister après les premières pages, qui peuvent dérouter, pour apprécier toute la saveur de ce joli roman.

Susie MORGENSTERN, Comment tomber amoureux… sans tomber

Ecole des Loisirs

302 pages – 16 €

Paru en 2014 

 L’auteur : Tout le monde le dit, écouter parler Susie MORGENSTERN est un vrai bonheur tant son verbe est chaleureux et sa joie de vivre communicative. S’ils ne l’ont pas rencontrée, les enfants et les adolescents ont souvent lu et adoré ses livres. Elle les a divertis, éveillés à tous les sujets qui les concernent, l’école, la famille, l’amour, la sexualité, la nourriture!, avec humour, fantaisie et générosité. Car ce que Susie a su conserver, c’est cet esprit d’enfance qui, dans bien des cas, console de tous les maux. Américaine née dans le New Jersey, Susie MORGENSTERN vit à Nice où elle a enseigné l’anglais à la faculté de Sophia-Antipolis jusqu'en 2005. Ses livres ont remporté une ribambelle de prix, notamment Lettres d’amour de 0 à 10, qui a lui seul en a obtenu une vingtaine. C’est à quatre mains qu’elle a écrit Terminale ! tout le monde descend, avec sa fille Aliyah, Margot Mégalo et Privés de bonbecs avec sa fille Mayah. Après avoir fêté le 18 mars 2005, au Salon du livre de Paris, "Soixante ans, soixante livres!" comme elle se plaît elle-même à le dire, elle poursuit sa carrière de globe-trotter-porte-parole de la littérature pour la jeunesse...

30/06/2014

Cool Sweet hot Love (E. Mc CAHAN)

« Il doit bien y avoir un moyen.»

IMG_1309.JPGJosie, 16 ans, est surdouée. Elle pense savoir tout sur tout et adore décortiquer, analyser, disséquer les mots… même ceux qui ne font pas vraiment partie de son quotidien, comme « amour », « petit ami », ou « rupture ». Le jour où sa sœur Kate présente son fiancé à toute la famille, autour d’un délicieux plat de pâtes dont leur mère a le secret, Josie est persuadée que cette dernière fait fausse route. Comment pourrait-elle « aimer » ce garçon suffisant et insupportable ! Josie s’engage dans une bataille féroce pour briser ce couple… mais lorsqu'elle craque pour son séduisant professeur de linguistique, sa propre vie sentimentale devient bien chaotique…

Un autre roman pour adolescent(e)s, une nouvelle histoire de demoiselle différente du reste du monde, rien de bien original a priori. Et pourtant, le roman d’Erin Mc CAHAN est très drôle, avec ce qu’il faut de loufoquerie et d’émotion pour séduire les lecteurs.

Son héroïne, albatros qui ne parvient pas à trouver sa place dans les mondes où elle évolue (famille, lycée, université) jongle avec les différents langages (d’où le titre original du roman, plus pertinent que celui de la traduction française) et accumule les expériences sans parvenir à trouver les réponses qu’elle cherche.

 Bien sûr, la fin est sans grande surprise (même si elle ravira tous les lecteurs), le roman plutôt léger, mais les personnages sont attachants, l’histoire bien rythmée et le tout fait une très agréable lecture !

Sophie et Maggie parlent toutes les deux, à des degrés différents, la langue des belles femmes. Je la comprends parce que je l’ai entendue toute mon enfance, mais ce n’est pas ma langue maternelle.

Kate arrive vers 18h30, avec une demi-heure de retard (ce qui n’a pas l’air de la déranger). Elle est suivie d’un individu de sexe masculin aux contours indéfinis, à mi-chemin  entre l’homme et la cigogne, une sorte de croquis effacé et redessiné plusieurs fois mais jamais vraiment terminé. Etant donné son absence de de ressemblance avec la description de Kate, j’en déduis que ça ne doit pas être Geofff.

Nous nous levons. Kate prend le croquis humain par le bras et s’avance. Mais avant qu’elle ait pu dire un mot, je m’exclame :

- Hé, tu es fiancée !

- Josie ! Hum, maman…

 Kate s’empourpre.

- Elle porte une bague de fiançailles, j’insiste en la montrant du doigt. Et qui c’est, lui ?

- Geoff, voyons.

- Pas possible !

 Maman me fait signe de me taire puis se tourne vers Kate avec avec un regard interrogateur.

- Eh bien, euh…

 Ma sœur se dégonfle.

 - Tu as quelque chose à nous dire ? suggère maman, pour essayer la regonfler.

 - Josie s’en est chargée.

- Si tu voulais que ce soit une surprise, il ne fallait pas mettre la bague, je proteste. Néanmoins, je suis très surprise par Geofff. Tu es bien sûr que c'est lui ?

- Je te présente Josie, glisse Kate à Geofff.

Erin Mc CAHAN, Cool Sweet Hot Love

 

Nathan

 

336 pages – 16,90 €

 

Titre original : Love and Other Foreign Words – Paru en 2014 – Traduit en Français en 2014

 

L’auteur : Avec Cool Sweet Hot Love, Erin Mc CAHAN signe son deuxième roman – après I now pronounce you someone else, paru aux États-Unis. Erin vit avec son mari à Columbus, dans l'Ohio.

Le site de l’auteur (en anglais): http://www.erinmccahan.com